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"Excellent film. + article historique sur les Mayas"
Très beau. Très réaliste. Drôlement bien filmé. L'incohérence de l'accouchement dans l'eau est à prendre symboliquement : Apocalypto= Renaissance. Pour les flèches dans le corps de Patte de Jaguar, c'est génant aussi, mais moins : de multiples témoignages de guerre racontent des situations bien pires. L'adrénalyne peut doper quelqu'un à ce point.
Voici un article historique faisant le point sur la polémique.
La cité mise en scène dans Apocalypto n’existait plus à l’époque où se déroule l’histoire.
Vrai. La civilisation maya s’est développée en trois temps : la période préclassique (1800 avant J.-C. à 250 après J.-C.) ; la période classique (250 à 800 de notre ère), qui se déroule essentiellement dans les basses terres du Guatemala, où les cités se développent ; la période décadente (900 à 1500), marquée elle, par l’abandon des cités et le retour des tribus dans la forêt. Jaguar Paw, héros d’Apocalypto, vit dans les années 1510.
Mel Gibson a confondu les Aztèques, volontiers sanguinaires, avec les Mayas, pacifiques et savants.
Faux, n’en déplaise à un quotidien du soir qui a relayé cette information invalidée depuis les années 1950. Les Mayas, bâtisseurs de cités remarquables, ont créé une civilisation brillante, dont les élites étudiaient les mathématiques, la chronologie et les astres. Mais des historiens tels que Carmen Bernand, Eric Thompson ou Richard Hansen sont formels : les Mayas avaient des pratiques peu avouables au niveau des droits de l’homme et pratiquaient les sacrifices humains.
L’arrachage du cœur avait une signification religieuse intrinsèquement liée à leur civilisation. Le calendrier maya se divisait en cycles, plus ou moins longs et favorables. Chaque grand cycle était censé s’achever dans d’effroyables catastrophes. Les prêtres, pour prédire l’avenir, établissaient un lien entre les actions des hommes et les mouvements cosmiques. Le sacrifice humain devait aider le soleil dans sa course et nourrir les dieux. A l’occasion, sous des formes très variées, il apaisait la colère divine ou s’en attirait les bonnes grâces, perpétuant ainsi l’équilibre précaire accordé par les puissances invisibles. Les sacrifices humains, inconnus dans les premiers temps, apparaissent à l’âge classique et se multiplient à l’époque postclassique.
Les tribus victimes de razzias se sont ralliées aux conquistadors pour échapper au joug de leurs puissants voisins.
Vrai. Les Espagnols découvrent un monde divisé. En général, toutes les tribus méso-américaines guerroyaient pour se procurer des esclaves, indispensables aux sacrifices et pratiquaient le cannibalisme. Les Indiens ralliés n’étaient toutefois pas des anges : s’ils facilitèrent la conquête en rejoignant les conquistadors, c’était notamment pour inverser les rôles à l’heure des repas. Las Casas a révélé qu’ils traînaient partout leurs prisonniers : « Lorsque les campements étaient installés, une boucherie se mettait en place, et hommes, femmes et enfants étaient abattus, découpés et vendus comme pourceaux. »
Les Mayas ont disparu avec l’arrivée des conquistadors.
Faux. Leur civilisation s’écroule après la chute de la cité de Mayapan en 1461, soixante ans au moins avant l’arrivée des Espagnols. Cette disparition est liée à des catastrophes naturelles, météorologiques et agricoles mais aussi à des guerres endémiques. Les Mayas, eux, ont traversé les siècles et représentent aujourd’hui un groupe de six millions d’individus.
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