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"Trop d'effets tue l'effet"
Les femmes battues muselées pullulent dans notre jolie société où la charité redevient un devoir de premier plan. Des survivantes, avec un ou plusieurs gosses, chat et chien, tous plus ou moins terrifiés, quand ils ne servent pas eux-mêmes d'otages ou à toutes sortes de raffinements sous la houlette du détraqué de service. Marina Foïs incarne bien ce pantin attiré par tout ce qui brille hors de sa nuit. Au départ ici, la naïveté de tout miser sur les routiers... Un retour au roman-photo d'antan, haro sur le premier venu, le pire piège pour la nature féminine en mal d'amour. La petite fille jouant Darling endosse à merveille l'enfance solitaire, avec seule la pâtissière comme diversion, relayée ensuite par la Cibie, aucun camarade, pas d'école, tout de même étonnant, ainsi que ces délires sportifs entre les camions... Les parents sont frustes, comme étrangers à leur progéniture qu'ils emprisonnent... Une première partie réussie. Cela se gâte ensuite, la grossièreté de Guillaume Canet passe les bornes. Déplacé le petit amusement dans la pitié qui s'insinue d'échec en échec, quand notre Darling, qui pouvait devenir bouleversante comme Rosetta des Frères Dardenne, se transforme en une adulte bien scabreuse : la sainte tendant l'autre joue, la mèragosses, l'esclave jusqu'à en crever de son routier (d'autres hommes existent), acharnée des grossesses qu'il ne veut pas multiplier (et la pilule ?). Du sado-maso dans toute sa splendeur. Encore des plantages successifs, en veux-tu en voilà, toujours sans prise de position, avec pour appui "la vraie Darling" (révélée par le roman et qui s'en est sortie). On se sent obligé de tout avaler en bloc. Or, je n'adhère pas à la présente fiction à cause de sa touche humoristique. Cette femme telle que campée à l'écran nécessite des soins psychiatriques. Au lieu de ça, elle reste figée dans son sort de pauvre petite ne tirant aucun enseignement de ses échecs, la bête de foire n'est pas loin... Que cela n'enlève rien à Marina Foïs qui campe merveilleusement cette créature tordue.
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