Pertinence des avis 640 utiles
Il est possible que vous le sachiez déjà : dans 3 mois, une élection importante va se dérouler dans notre pays. Parmi les sujets qui seront abordés et qui feront débat, on trouvera à coup sûr l’éducation. C’est un euphémisme de dire qu’en France, le système éducatif s’est énormément dégradé ces dernières années et les conditions de travail des enseignants sont de plus en plus difficiles. Mais ce n’est rien à côté de ce qui se passe dans certaines écoles des Etats-Unis ! Réalisateur d’origine anglaise, le sexagénaire Tony Kaye revendique son intérêt pour les questions sociales. C’est ainsi que, parmi ses œuvres précédentes, on trouve « American History X » qui aborde le problème du racisme et « Lake of Fire », un documentaire sur l’avortement. Avec « Detachment », c’est un sujet particulièrement important et délicat qu’il affronte : l’éducation. Un sujet tellement important que tout le monde, ou presque, a sa petite idée pour trouver des remèdes à ce qui ne fonctionne pas. Au travers de films comme « Graine de violence », « Le cercle des poètes disparus », « Entre les murs », le cinéma, avec un mélange de bonne volonté et de naïveté, s’est efforcé de contribuer à cet apport de solutions. De ce point de vue, « Detachment » se démarque de ces diverses productions. En effet, Henry Barthes, le professeur qu’on va suivre durant 3 semaines, ne nous présente pas vraiment de recette miracle. Agressé, insulté, quasiment coulé, il s’efforce d’abord de remonter à la surface puis de surnager, tant bien que mal. Dans ce combat, il va trouver deux bouées qui, au niveau du moral, lui seront d’un grand secours. Tout d’abord Meredith, une élève en surpoids, très attachante, douée pour la photographie mais qui ne s’aime pas. Et puis Erica, une adolescente en fugue qui se prostitue : Henry va tout faire pour la sortir de cette vie plutôt glauque. Par ailleurs, et plus classiquement, on a l’occasion de « fréquenter » les autres professeurs de ce collège et de percevoir le manque d’implication de nombreux parents concernant l’éducation de leurs enfants. Avec un tel sujet, il n’est pas question de faire dans la réalisation ciselée ou maniérée. Sans être outrageusement du style « coup de poing », « Detachment » ne fait pas toujours dans la dentelle, ce qui aide le spectateur à partager avec Henry le sentiment d’agression quasi permanente dont il est l’objet. C’est Adrien Brody (« le pianiste ») qui joue le rôle de Henry et qui lui apporte un juste mélange de forces et de faiblesses. La très prometteuse Sami Gayle est une Erica spontanée et extravertie. Quant à Meredith, c’est Betty Kaye, la propre fille du réalisateur, qui a obtenu le rôle : aucun népotisme dans ce choix, elle était, parait-il, la meilleure lors de l’audition. On retrouve dans « Detachment », un comédien et une comédienne vus dans « Drive » : Bryan Cranston et Christina Hendricks mais aussi James Caan, Tim Blake Nelson, Marcia Gay Harden et Lucy Liu. Dans ce film qui prend aux tripes, le réalisateur de clips de très grande renommée qu’est Tony Kaye nous réserve une petite oasis de douceur en nous faisant cadeau, au milieu du film, en fond sonore, de « Empty », la très belle chanson de Ray Lamontagne.
Cet avis vous a-t-il été utile ?
Oui
(0)
Non
(0)