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"Versailles", le film précédent du quinquagénaire Pierre Schoeller ne m'avait pas convaincu. Avec "l'exercice de l'état", son 3ème long métrage, la pente est plus que sensiblement remontée. Présenté à Cannes 2011 dans la sélection "Un Certain Regard", ce film complète parfaitement les 2 autres films politiques français de l'année, "La conquête", qui, lui, était hors compétition dans la sélection officielle et "Pater", en sélection officielle. "L'exercice de l'état" nous plonge dans la politique au plus haut niveau de l'état en nous montrant les féroces luttes de pouvoir, les compromissions, les lâchetés mais aussi les fidélités, tout cela dans un environnement de libéralisme économique de plus en plus prégnant. Olivier Gourmet est ici Bertrand Saint-Jean, le ministre des transports; Michel Blanc est Gilles, son Directeur de cabinet; Zabou Breitman est Pauline, responsable de la communication. En entrant dans ce film, on pouvait se douter que la vie d'un(e) politicien(ne) était une vie de chien, en en sortant, on en est convaincu. En entrant dans ce film, on pouvait se douter que la plupart des opérations annoncées par le gouvernement sont des opérations bidons. en en sortant, après avoir vécu de l'intérieur une opération de ce type "en faveur des chômeurs", on en est convaincu. Pourtant, ne nous méprenons pas, ce film n'a rien de populiste ou de poujadiste. La preuve : malgré tous leurs défauts, leurs magouilles, on arrive à avoir une certaine sympathie pour ce petit monde.
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