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"Pour les carnivores sang pour sang"
Les Halles, l’ancien ventre de Paris est aujourd’hui devenu son cœur, irrigué de toute part par des artères ferrées, de bitume ou piétonnières qui drainent chaque jour des centaines de milliers de franciliens, comparables à autant de cellules sanguines affamées qui viennent y puiser l’énergie nécessaire à des recharges culturelles, vestimentaires, de loisirs ou alimentaires…. D’où la profusion de restaurants qui y sont installés, et notamment le Louchébem, dont la réclame qu’on imagine être proclamée d’une voix éraillée émanant d’un vieux poste TSF nous dit que… Ce Restaurateur Boucher est ouvert depuis 1878 à l’angle de la rue Berger et des Prouvaires et sert de traditionnels morceaux de viande de boeuf.
Le problème, c’est qu’un samedi soir à 20h, les deux globules rouges que nous étions se sont fait stopper à l’entrée par le leucocyte gardien des lieux qui annonçait une attente d’au moins 40 minutes avant d’espérer avoir une table… Tant pis, au revoir, hématie beaucoup, la prochaine fois on réservera… chose faite jeudi soir dernier où notre table était cette fois-ci prête et disponible à l’heure convenue.
Pour le reste, tout a été dit par les précédents internautes dont je partage totalement les avis. Pour rester dans la métaphore sanguine, ici c’est le paradis des carnivores, des carnassiers, des homo-sapiens ayant gardé leur instinct primal d’amateur de viande saignante.
La spécialité de la maison (que nous avons choisie) c’est d’ailleurs cette assiette du rôtisseur à 20,90€ (tarif 2010) servie à volonté, dont il est impossible de négocier la cuisson (inutile car elle est parfaite), composée de cuisse de bœuf, de gigot d’agneau et de jambon braisé. Une purée maison et trois sauces servies à part accompagnent cette gigantesque assiette d’un camaïeu rouge et rose.
Et bien sûr, comme c’est servi à volonté, on a beau avoir du mal à mâcher et à avaler la dernière bouchée de la première assiette, quand le serveur passe et nous demande si l’on en veut une deuxième et bien les bajoues pleines et tout en mastiquant encore, on opine du chef en grommelant un vague hmm hmm qui signifie oui… Et comme on a commandé et qu’Obélix n’est pas à la table à côté pour nous aider; il faut bien la finir tout seul… Et comme ma maman m’a appris que ce n’est pas poli de refuser la carte des desserts (il me faut bien une excuse) et bien on en aussi prend un… Mousse chocolat maison persillée de pépites noires craquantes, profiteroles servies à point, sorbet aux trois fruits…nous étions trois, chacun y a trouvé son bonheur.
Aux tables voisines, d’autres clients se sont laissés tentés par des escargots, des steaks tartares de plus d’une livre, ou des aiguillettes de bœuf… C’est triste à dire mais quand on a la panse pleine pour plus une semaine, malgré l’appétence de tous ces autres plats, on n’a même plus envie de se laisser tenter et l’on ne pense qu’aux prochains jours de diète que l’on devra suivre pour éliminer l’excès calorique de cette pantagruélique mais délicieuse soirée.
NB : 4 étoiles à cause d’un service un peu long.
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