Un genre très particulier que la comédie musicale. Ici, la performance est poussée très loin puisque les moments de "répit" sont rares. Je n'ai pas trouvé ça gênant (sauf peut-être un personnage ; au hasard, celui qui chante toujours la même chose), bien au contraire, elle sert ici de base à la construction du récit romantique. Car malgré les effusions de gouache, c'est bien de romantisme dont il s'agit : d'un coeur dévoré par la trahison, d'un homme vitriolé par l'amertume et tellement aveuglé par sa némésis. Paradoxalement, le film arrive à nous mettre mal à l'aise dans son dessein profondément mysanthrope, entretenu par une image crue et sale. On en arrive à se demander quelle est finalement la motivation réelle du personnage dans un univers totalement déshumanisé. Une histoire d'amour emplie de haine qui prend parfois quelques raccourcis pour mieux traiter son sujet.