Pertinence des avis 640 utiles
Ancien prof, ancien ministre de la Culture, le coréen Lee Chang-Dong est un habitué du Festival de Cannes. C'est ainsi qu'en 2007, il avait permis à Jeon Do-Yeon d'obtenir le prix d'interprétation féminine pour son rôle dans "Secret Sunshine". Il n'est pas interdit de penser que c'est ce prix de 2007 qui a empêché Yun Jung-hee, l'actrice principale de "Poetry", de recevoir le même prix, lequel aurait été amplement mérité, tant sa prestation est absolument époustouflante. On notera qu'à 66 ans, avec près de 300 films au compteur, elle reprenait un travail de comédienne abandonné il y a 15 ans pour venir vivre à Paris avec son mari Kun-Woo Paik, pianiste classique réputé. Quant au film lui-même, il a obtenu cette année le Prix du scénario mais c'est très nettement la Palme d'Or qu'il aurait dû obtenir. Certes, n'importe quel film de la sélection était largement supérieur à celui qui l'a obtenu (le scandale du siècle !), mais "Poetry", un film tout en finesse, jamais ennuyeux, très riche d'informations sur la société coréenne, était celui qui le méritait le plus, avis partagé par de nombreux cinéphiles au moment du Festival. On ne peut pas oublier cette grand-mère pleine de légèreté qui se met à fréquenter, à plus de 60 ans, un cours de poésie dans la maison de la culture de son quartier et qui apprend que son petit-fils, avec qui elle vit, a participé au viol collectif d'une copine de lycée. Tout au long de ce film on ressent une émotion très forte mais aussi très sincère, jamais arrachée de force au spectateur. La meilleure preuve : pas la moindre note de musique destinée à accentuer cette émotion. Du grand art !
Cet avis vous a-t-il été utile ?
Oui
(0)
Non
(0)