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Bonjour à toutes et à tous,
En 1912, le collectionneur Wilhelm Unde, qui fut le premier acheteur d'une toile de Picasso et qui découvrit le Douanier Rousseau, s'installe à Senlis où une femme de ménage vient régulièrement remettre à propre la maison. Séraphine est une «simple» d'esprit qui a perdu ses parents très jeune. Elle fut bergère, femme de ménage chez les sœurs qui la placèrent ensuite, parmi les
biens-nés de la haute société de Senlis.
Séraphine est une femme particulière puisant une énergie débordante, en pleine nature. Elle entoure de ses bras, les arbres ; elle observe, après un dur labeur, la nature coincée entre de hautes branches cachées par le feuillage d'un arbre centenaire ; se baigne dans la rivière complètement dévêtu et la nuit, Séraphine peint.
L'arbre de vie de Séraphine Louis de Senlis (cliquer sur l'image)
Malgré sa simplicité, Séraphine a ses petits secrets prêtant à rire le spectateur. Par exemple, elle emprunte la cire des cierges à l'église ; elle verse le sang des animaux dans des flacons, à la boucherie qui l'emploie et court à travers champ à la recherche d'une terre de sienne virant à l'ocre jaune, à l'image de Vincent Van Gogh et des artistes peintre d'antan, avant que des tubes prêt à l'emploi n'apparaissent...
L'argent gagné est dépensé aussitôt chez le marchand de couleur, lui vendant de petites toiles qu'elle étire entre des tasseaux, des essences et du blanc, qu'elle ne peut fabriquer elle-même. A ce régime, Séraphine se nourrit peu, dort peu, ne se chauffe guère en hiver et c'est son bienfaiteur, Monsieur Wilhelm qui va découvrir au hasard d'une visite chez un notable, son talent caché.
Il ira même jusqu'à lui allouer une somme d'argent, afin que Séraphine ne se consacre qu'à la peinture. Seulement, les circonstances ne serviront guère la bien malchanceuse, Séraphine. Quand la guerre 1914-1918 éclate, l'homme riche quitte Senlis pour l'Allemagne, parce qu'il est Allemand. Il revient après la guerre, mais s'installe à Chantilly... alors que Séraphine est encore loin d'achever le chemin de croix qu'a été sa vie...
L'intérêt que suscite ce cinéma est de sortir de l'oubli, une peintre ayant réellement existé, ce qui crève l'écran, contrairement à "l'Echange" de Clint Eastwood ! Le lieu où vécut Séraphine e elle a vécu est donc Senlis, un bourg de la région Ile de France, dégageant encore aujourd'hui, l'aspect suranné de la ville, où mêmes les réverbères rappellent une époque révolue.
Yolande Moreau incarne magnifiquement, Séraphine Louis de Senlis, née à Arsy dans l'Oise, le 3 septembre 1864 et son choix a été déterminant pour la réussite et la vraisemblance du film. Tristement, la fin de Séraphine Louis ressemble à s'y méprendre, à celle de Camille Claudel, car Séraphine se nourrit à peine, l'essentiel étant pour elle de gagner sa vie et de peindre. La malnutrition, le manque de sommeil, de durs travaux conduisent Séraphine aux limites de la folie... à l'image de la célèbre Camille Claudel. Séraphine Louis décéda le 11 décembre 1942 dans un hôpital proche de Clermont dans l'Oise. Elle avait 78 ans...
Ce film mérite ses sept oscars, dont celui de la meilleure actrice, attribué à Yolande Moreau. Merci au réalisateur qui a su montrer combien le métier d'artiste peintre doit être exercé en parallèle avec une activité professionnelle rémunérée. Ce message demeure essentiel, surtout à l'endroit des jeunes générations.
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