Pertinence des avis 640 utiles
Je ne sais pas vous, mais j'ai souvent remarqué qu'une bonne partie des films qui titillent mon enthousiasme ont des scénarios très simples qui peuvent se raconter en 2 ou 3 lignes. Malheureusement, une bonne partie des films qui m'ennuient profondément ont également de tels scénarios. Qu'est-ce qui fait la différence entre un film au scénario minimal qui emballe et un film au scénario minimal qui ennuie ? Tout bêtement, la "patte" du réalisateur. Le problème, c'est que la perception qu'on peut avoir de cette "patte" est très personnelle, d'où, en général, des jugements très tranchés sur ces films. Personnellement, "Uzak" de Nuri Bilge Ceylan, "Shara" de Naomi Kawaze, "Wendy et Lucy" de Kelly Reichardt et "Liverpool" de Lisandro Alonso sont des exemples de films aux scénarios tenant chacun sur un timbre poste qui m'ont enthousiasmé ces dernières années. "Still Walking" est l'exemple type du film m'ayant très, très profondément ennuyé. Certes, le sujet avait tout pour me plaire, comme m'a plu récemment "Tokyo Sonata", autre film japonais récent parlant de l'effritement de la famille japonaise. Le problème, c'est que le réalisateur étire certains plans jusqu'à plus soif, et hop, dans la seconde qui suit, il procède à un raccourci qui désarçonne le spectateur. Résultat personnel : sur un sujet qui aurait dû m'émouvoir, je n'ai jamais senti battre mon petit coeur et je me suis ennuyé du début à la fin. Comparer Kore-Eda Hirokazu à Ozu me paraît être un mauvais coup porté au cinéma : chaque plan de Ozu avait une raison, il durait le temps nécessaire, ni plus, ni moins, en un mot, chaque plan était pertinent. Je ne crois pas qu'on puisse en dire autant de la plupart des plans de "Still Walking".
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